Episode 4 - CALLE 25 DE MAYO


 

"CALLE 25 DE MAYO"

Cette rue est la première que nous ayons eu à repérer lors de notre arrivée à Montevideo. C'est là que sont situés les locaux de la Compagnie Maritime Grimaldi. Depuis, nous croisons son nom dans chacune des villes que nous visitons, au point d'aiguiser notre curiosité jusqu'à entreprendre quelques recherches historiques à son sujet.

La clé de ce mystère se trouve ici, sous nos yeux. Dans l'ancien cimetière de Paysandù, aussi nommé « Monumento a Perpetuidad ». Ici, les Mausolées s'érigent, en mémoire des figures ayant participé à la guerre d'indépendance, et qui y reposent désormais à jamais.

Cette date du 25 Mai 1810 est en fait le jour de la création de la première junte, et la création des Provinces Unies du Rio de la Plata, composée de l'Uruguay, la Bolivie, l'Argentine et du Paraguay.

La révolution de Mai fut une conséquence directe de la guerre d'indépendance espagnole.

En passant sous l'imposant portique aux colonnes gréco-romaines, nous sommes impressionnés par la taille monumentale des monuments funéraires disposés de part de d'autre de la perspective qui s'offre à nous.

Dans ce parc baigné par une douce lumière, nous progressons sur les allées au milieu d'une végétation aussi diversifiée que luxuriante.

Au fond du parc apparait une petite chapelle. Je m'approche avec intérêt et curiosité de sa porte. Le gardien du cimetière y a trouvé refuge, assis auprès de deux chauffages à gaz installés sommairement.  Il m'invite à rentrer.

Alors que je m'approche de l'Autel, il a le respect de me laisser ce moment de recueillement seule, et en profite pour s'éclipser discrètement.

Je savoure ce moment de calme et de solitude que je sais éphémère.

Ce cheminement au travers de ces grands Hommes qui ont fait l'histoire de l'Uruguay me fit soudainement prendre conscience de cette chance exceptionnelle que j'ai d'être arrivée jusqu'ici, vivant pleinement ce rêve de découverte et de liberté qui m'animait au plus profond de moi.

Une chaleur bienfaisante m'envahie. L'émotion qui m'empare est d'une telle intensité qu'une larme vient perler sur ma joue. Je remercie la Vie pour ce cadeau inestimable qu'elle m'offre au travers de ce voyage.

Je ressors de la chapelle pensant trouver sur mes pas Yannick et les enfants, mais c'est finalement le gardien de ces lieux qui me reconnectera à la réalité.

Avec un calme et un sourire si caractéristique des Uruguayens, il m'explique l'histoire de ce cimetière, et la construction des monuments principaux réalisée en Italie puis assemblés ici.

Une petite main se glisse dans la mienne. C'est celle de Pablo.

Nous poursuivons notre promenade tous les deux, et je serre davantage sa main, comme pour m'imprégner de ce moment, consciente que d'ici quelques temps, cette douce sensation sera reléguée au rang des souvenirs.

Nous apercevons Yannick et Lou de l'autre côté. Lou saisit les détails des sculptures avec son appareil photos. Pablo est lui curieux de découvrir cette nouvelle végétation. Il ramasse plusieurs graines, espérant trouver un pot pour les planter pendant notre voyage.

J'aime ce regard que les enfants portent sur la vie. Il est si complémentaire de notre vision globale nous les adultes...

Le temps semble être suspendu. Il fait doux et c'est si calme. C'est ressourçant.

Paysandù nous retient.

Cela fait trois jours que nous sommes ici, et espérons que la journée de lundi sera favorable pour le remplacement de notre jante.

Nous commençons à prendre nos habitudes et redevenons presque sédentaires.

Le soleil est présent depuis notre arrivée ici, et le vent n'est plus qu'un souvenir.

Nous profitons de la rue commerçante pour nous balader au milieu de l'activité urbaine, et visitons la basilique qui borde la place centrale.

Plus loin, la plage du Rio Uruguay est l'occasion d'observer de nombreux oiseaux. Nous proposons aux enfants d'y rester pour la nuit, mais le crissement intempestif des perruches viendra mettre un terme à cette idée. Nous retournerons à notre place habituelle, à côté du ponton de pêche qui fait face à la cote Argentine.  

Face à la plage, au pied de la mosaïque du groupe pop-rock 'Los Iracundos', nous dégustons nos premiers « empanadas ». Ces gros chaussons de pâte frits sont fourrés d'une farce à base de viande de boeuf hachée, d'oeuf et d'oignons. Ils se dégustent chauds tout au long de la journée. Un seul d'entre eux suffira à nous rassasier ce midi.

Les jeux présents dans le parc offrent aux enfants un moment de détente. Ici les rires n'ont pas de frontières, et ceux de Lou et Pablo s'entremêlent à ceux des petits Uruguayens, sous le regard médusé des chiens errants qui observent la scène.

Dans un quartier voisin,  nous déambulons au milieu d'un vide-grenier. Accumulation d'objets inutiles pour les uns, trésor d'un jour pour les autres, cela nous rappelle la France.

Alors que le garagiste prévoit de souder la jante défectueuse, nous commençons à penser à la suite du voyage. Nous collons notre premier drapeau sur la carrosserie et en profitons pour installer notre mascotte poitevine sous le drapeau français.

L'idée de quitter ce premier pays si symbolique dans notre aventure me pince le coeur. La simplicité et la gentillesse des Uruguayens me resteront en mémoire.

Demain, l'Argentine se laissera peut-être apprivoiser par la tortue... nous avons encore tant de choses à découvrir !

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